Histoire de Santa Reparata
Ce tableau, une tempera sur bois du XVème siècle, oeuvre d'un artiste inconnu, est visible au musée du dell’Opera del Duomo à Florence. Pour en savoir plus sur le musée dell'Opera del Duomo et Florence.
Histoire du martyre de Santa Reparata
Eusèbe de Césarée (203 – 339), bien qu’évêque de cette ville, ne cite pas Santa Reparata – Sainte Réparate en français - dans son Histoire Ecclésiastique et si Bède le Vénérable (672 – 731) ne la cite dans son Martyrologue que comme une Vierge de Palestine, son culte se répandit rapidement au cours des croisades dans le sud de l’Europe.
![]() |
Le Cardinal Cesare Baronio (1538-1607) la place en tant que Vierge et Martyre dans la liste officielle des Saints de l’Eglise Catholique.
Sainte Réparate est née à Césarée de Palestine, siège de l’Administration Romaine, et avait atteint l’âge de 15 ans lors des persécutions de l’Empereur Dèce (201 – 251). Amenée devant le Préfet pour sacrifier aux idoles comme l’exigeait l’Edit de l’Empereur, elle refusa avec des paroles si fermes et si justes que le Préfet impressionné lui proposa de ne pratiquer qu’un tout petit sacrifice et qu’ainsi elle pourrait rejoindre tranquillement sa famille. Devant un nouveau refus, et pour la faire céder, le Préfet ordonna que lui soient appliqués divers supplices, les uns plus cruels que les autres. La version la plus courante est qu’elle fût condamnée à être brûlée vive, mais qu’une pluie divine éteignît le brasier. Les bourreaux lui firent alors boire de la poix brûlante qu’elle but comme si c’était de l’eau froide. Suite à ces interventions divines elle fut finalement décapitée. Selon un autre Martyrologue elle fut enfermée dans un four brûlant dont elle sortit intacte après avoir, toute une nuit, affirmé sa Foi d’une voix joyeuse et claire, et seule la décapitation put la faire taire, son âme sortant de sa bouche sous l’aspect d’une colombe. |
![]() |
![]() |
Son corps, récupéré par des chrétiens pour lui éviter des dernières profanations, fut placé dans une barque remplie de fleurs odoriférantes. L’embarcation guidée par une colombe arriva sur les côtes de Nice où des anges l’amenèrent jusqu’au rivage d’où son nom actuel de Baie des Anges. Elle est fêtée le 8 octobre en même temps que Sainte Pélagie. Elle est la Sainte Patronne de la ville de Florence et de Nice. Ses attributs peuvent être une colombe sortant de sa bouche, la palme du martyre remplacée parfois par une branche de palmier pour rappeler son pays d’origine la Palestine, un livre ou la Bannière de la Résurrection. La cathédrale de Nice fut construite entre 1650 et 1694 à la place de l’ancien Prieuré de Sainte Réparate possédant ses reliques qui se trouvent actuellement dans la chapelle du même nom. |
Florence, suite à l’apparition de la Sainte sur les collines de Fiesole, permettant ainsi la victoire du Général Romain Stilicon sur les Goths dirigés par Radagaise, l’honora en lui dédiant sa première cathédrale. Des reliques de Santa Reparata se trouvent toujours dans la crypte de l’actuel duomo consacré à Sainte Marie des Fleurs. Les florentins eurent beaucoup de mal à obtenir ces reliques, et après l’épisode en 1352 d’un faux bras de la Sainte qui se révéla être un montage de bois et de plâtre, il fallut attendre 1605 pour obtenir quelques fragments d’os.
L’oeuvre
Il s’agit d’un retable portatif réalisé au début du XVème siècle par un peintre florentin anonyme. Bien que peinte au début du Quattrocento, cette œuvre reste imprégnée du goût gothique du siècle précédent. Les fonds sont réduits au minimum et les protagonistes sont raides avec des visages figés et peu expressifs. Le mérite de cette peinture est d’exposer le martyre de cette Sainte à la biographie succincte.
Santa Reparata occupe en pied toute la partie centrale du retable et son visage attristé est assez beau. Ses attributs sont peu spécifiques et pourraient concerner bien d’autres Saintes – la palme du martyre, un livre et la Bannière de la Résurrection.
![]() |
Pour équilibrer les tableautins de part et d’autre de la Sainte, l’artiste a inventé un autre supplice dans lequel ses seins sont brûlés avec des plaques chauffées au rouge. La poix brùlante, le four et la décapitation se trouvent dans tous les récits de son martyre.
En bas sont représentés Saint Jean-Baptiste et Saint Zénobe, premier évêque de Florence pour qu’ainsi le destinataire du retable puisse prier devant les trois saints patrons de sa ville.
En savoir plus sur l'artiste
Ce retable n’a pu être rattaché à aucune oeuvre connue et l’artiste resté anonyme ne porte aucun nom de convention. Il peut s’agir d’un peintre local travaillant dans un atelier avec un seul aide chargé des tâches matérielles de préparation des tableaux.
![]() |